Les aventures de Mike le socialiste – Episode 2

Précédemment : Mike Vindemille est un jeune cadre socialiste à la recherche de lui-même. Au cours d’une fête de la Rose provinciale à laquelle il participe, Mike éclate malencontreusement de rire lorsque Pierre Mauroy fait un malaise. Jean-Marc Ayrault, témoin de la scène, en réfère dès le lendemain à la Première secrétaire Martine Aubry. Celle-ci sanctionne Mike en lui retirant sa quatrième place sur la liste bretonne des élections régionales, en le privant de bureau au siège parisien du PS, et enfin en lui jetant violemment son pied dans l’entrejambe. Mike,terrassé par la douleur, perd conscience. [Lire le prologue] [Lire l’épisode 1].

épisode 2 – La nuit porte au Conseil

Les régionales étaient passées, et on pouvait dire que Mike Vindemille venait de traverser une période creuse.

Il avait commencé par s’enfuir, en pleine nuit, de l’hôpital où une équipe de médecins tentaient de remettre de l’ordre dans la disposition de ses testicules. Aussitôt qu’il s’était senti capable de se lever, il était descendu par la fenêtre en se servant des câbles de la télévision comme d’une corde. Il s’était ensuite mis à cavaler en zigzag, gêné dans sa course par l’énorme pelote de gaze qui lui couvrait l’entrejambe.

Il avait couru longtemps cette nuit-là, seulement vêtu de sa blouse d’hôpital et du porte-documents plein cuir qu’il portait en bandoulière. Sa seule idée : quitter Paris, et peut-être n’y plus jamais revenir.

Mike avait alors rejoint le minuscule village de Jaligny-sur-Besbre, dans l’Allier, où ses parents possédaient une petite maison posée sur un terrain en pente douce. Là, il avait d’abord beaucoup dormi, même le jour. Puis beaucoup bu, même tout seul.

Jaligny-sur-Besbre

"Mike avait alors rejoint le minuscule village de Jaligny-sur-Besbre, dans l’Allier..."

Un jour qu’il était affalé dans le jardin, Mike avait rallumé son téléphone portable pour la première fois depuis sa fuite, deux mois plus tôt. Il avait alors consciencieusement effacé tous les message écrits et vocaux, sans même chercher à prendre connaissance des nouveaux. Au moment où il allait remettre le portable dans son porte-documents, la sonnerie avait retenti.

– Allo ?

– Monsieur Mike Vindemille ?

– …

– Monsieur Vindemille, ici René Prébaudot à l’appareil. Je suis le maire de Jaligny-sur-Besbre. Ce sont vos parents qui m’ont donné ce numéro. Je me permets de vous appeler parce que j’ai une proposition à vous faire.

– …

– Alors voilà, vous savez que Jaligny est une très petite commune, dont le conseil municipal ne compte que six sièges, dont le mien. Et ces derniers temps, il y a eu plusieurs démissions. Pour dire les choses franchement, il ne reste plus que moi. Vous savez ce que ça signifie, puisque vous aussi vous êtes dans la politique.

– Ecoutez, je…

– Ca signifie qu’on va devoir organiser une nouvelle élection municipale à Jaligny. Oui, Monsieur Vindemille.

– Je vous arrête tout de suite. Habituellement, je ne réside pas à Jaligny, mes parents auraient dû vous le dire. Je ne pourrai de toute façon pas voter pour vous.

– Monsieur Vindemille, si je vous appelle, ce n’est pas vous demander un vote. C’est pour vous proposer de prendre ma place. Vous savez, vos parents parlent beaucoup de vous, ici à Jaligny. Je sais que vous avez été  mis de côté pour les élections régionales et que dans l’immédiat, vous n’avez plus d’obligations vis-à-vis du PS. Si je le pouvais, je serais volontiers candidat à ma propre succession, mais je dois reconnaître que ces histoires de démission ont nui à ma réputation. Monsieur Vindemille, soyez candidat pour les « sans-étiquette », et mettez-moi en seconde position sur votre liste. Ou Jaligny tombera aux mains du CPNT.

Les deux hommes avaient gardé le silence quelques instants, avant que Mike ne raccroche brusquement.

Deux jours plus tard, Mike trinquait avec Prébaudot, petit vieux qui n’avait en effet aucune autre étiquette que celle de paysan un peu réac, mais foncièrement gentil. Et c’est de bon coeur qu’il accepta de devenir candidat sans étiquette à la municipale de Jaligny-sur-Besbre.

Prébaudot dégaina alors son téléphone portable, et passa plusieurs coups de téléphone. Quelques minutes passèrent encore, puis un groupe de cinq hommes franchit avec fracas les portes du bar pour immédiatement venir se masser près du zinc. Prébaudot étendit les bras en croix et glapit :

– Mike Vindemille, regarde ces hommes ! Voilà ton équipe de campagne !

Mike rassembla ce qui lui restait de clairvoyance pour dévisager les cinq nouveaux venus.

L'équipe de campagne au complet.

"Mike Vindemille, regarde ces hommes ! Voilà ton équipe de campagne !"

L’un d’eux, qui portait une casquette et des lunettes triple foyer, adressa un chaleureux salut à Mike. Prébaudot expliqua :

– Il s’appelle Jacques Mouillot. On ne dirait pas comme ça, mais c’est lui qui s’occupait du site internet lors de ma dernière campagne. Tu vois l’autre qui porte des lunettes ?

– Oui ?

– C’est Thurier. Il était prof, maintenant il raconte qu’il est écrivain. Ne le contredis jamais là-dessus, ça le rend comme fou.

– Et les trois autres ?

– Ce seront les hommes à tout faire. L’homme à la moustache, appelle-le Jean-Mi. Tu le verras toujours avec ce short. Il ne l’enlève jamais. Les deux derniers, à gauche, tout le monde les surnomme Rox et Rouky.

Mike porta son verre à ses lèvres. Le fond du gobelet Duralex était sale et recouvert d’une couche de mauvais vin séché. A travers ce filtre crasseux, l’ex-futur conseiller régional de Bretagne contempla une bonne fois pour toutes le tableau d’ensemble, et se dit qu’il n’était plus très loin d’avoir touché le fond de la politique.

Eh bien, une fois rendu au fond, il creuserait encore.

Et qui sait, peut-être un jour trouverait-il un moyen d’entamer sa remontée.

[à suivre…]

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Mon évasion fiscale en Suisse ni vu ni connu, par Roman Polanski

Parce que le raffinement, c’est entre autres choses le mépris de l’impôt progressif, Le Guéridon tenait à saluer la magnifique tentative de M. Roman Polanski d’échapper au fisc : on a vu là un passage en Suisse très audacieux, mais surtout extrêmement bien préparé.

Heureux l’homme du monde qui sait transformer une affaire de viol sur mineure en titre de séjour sur le territoire suisse, car celui-là, en amour comme en finances, s’assure de la félicité la plus totale.

Si tout le monde était aussi astucieux que M. Polanski, la Suisse deviendrait donc un véritable paradis seulement traversé par les échos des derniers cours du Dow et du CAC, ainsi que par quelques milliers de prépubères mâles et femelles gambadant innocemment autour du lac Léman.

Tout cela, évidemment, sans un seul minaret.

En tout état de cause, ici au Guéridon, nous vous disons chapeau, M. Polanski. Réussir à se faire assigner à résidence à Gstaad avec le chaleureux soutien d’une batterie de ministres et de la moitié de la France, beaucoup en ont rêvé, vous l’avez fait.

"Que celui qui n'a jamais péché pour une assiette fiscale retranchée de 45% me jette la première pierre"

 

La dernière aventure du Club des Cinq

Le Club des Cinq au temps de sa gloire.

Quatre enfants meurent noyés emportés dans un caniveau en Polynésie AFP | 23/11/09

Quatre enfants de 7, 9, 11 et 15 ans sont morts noyés samedi après avoir été emportés par les eaux pluviales d’un caniveau, à Faaa, une commune de l’île de Tahiti, en Polynésie française, a indiqué le Haut Commissariat de la République dans un communiqué.

Les pluies tropicales avaient provoqué un fort courant dans ce caniveau. Les enfants, qui jouaient à proximité, ont été happés dans une buse d’évacuation, qui n’était pas couverte par une grille.

Ils s’appelaient François, Michel, Claudine et Annie et ils avaient décidé de se reposer quelques jours dans les îles.

Seul le célèbre chien Dagobert, cinquième et dernier membre du Club, a survécu au drame.

Il a toutefois été abattu peu après.

Les aventures de Mike le socialiste – Episode 1

Précédemment : Mike Vindemille est un jeune cadre socialiste à la recherche de lui-même. Au cours d’une fête de la Rose provinciale à laquelle il participe, Mike adopte un comportement critiquable lorsque Pierre Mauroy fait une attaque cérébrale, et s’attire ainsi les inimitiés de Jean-Marc Ayrault. Le lendemain matin, il saute dans un train, direction le siège national du parti socialiste. [Lire le prologue]

épisode 1 – Défaite à Solférino

Longtemps immobilisé à cause d’un suicide sur la voie, le train de Mike Vindemille était finalement arrivé en gare de Montparnasse, avec deux heures de retard et une gigantesque traînée de sang sur le flanc gauche.

Durant cet arrêt forcé, Mike avait eu le temps de se raser et de lire Libération. Apparemment, la nouvelle du coma de Pierre Mauroy n’avait pas encore filtré à Paris.

A présent, Mike remontait la rue de Solférino avec lenteur, le regard vissé trente centimètres au-devant de ses pieds, et se demandait à quoi il allait bien pouvoir occuper cette journée dans son bureau parisien. Il n’avait toujours pas trouvé de réponse au moment de franchir les portes principales du siège, mais à peine était-il entré dans le hall qu’un minuscule assistant en communication, que Mike connaissait suffisamment pour le mépriser de tout son être, lui barra la route :

– Mike, où étais-tu ?

– Mon train a eu du retard. Excuse-moi, Yann, mais je n’ai vraiment pas le temps, ce matin.

– Comme tu dis. Martine veut te voir. Elle t’attend depuis une heure.

Le sang de Mike se glaça. Il savait que la première secrétaire du parti ignorait jusqu’à son existence la semaine passée. Au cours d’une réception destinée aux jeunes cadres du parti, elle lui avait publiquement demandé de lui apporter un diobolo-menthe et un sandwich tomate-rillettes. Mike s’était exécuté, les larmes aux yeux. Il avait fini la soirée dans les cuisines, à boire avec les vrais serveurs, qui portaient tous la même veste que lui.

– Elle a dit pourquoi elle voulait me voir ? finit par articuler Mike.

– Non. Mais à mon avis, c’est plus grave qu’un sandwich à la rillette. Avant que tu y ailles, qu’est-ce que c’est que cette horrible photo sur ton Twitter pro ?

– Mon train de ce matin. La tache rouge, c’était un petit jeune qui s’est étalé en morceaux depuis la loco jusqu’aux vitres du wagon-bar. Affreux. J’ai cru que je n’allais pas réussir à finir mon yaourt.

Mike fit semblant de ne pas entendre les protestations de Yann tandis qu’il montait les escaliers. Il s’agissait là de son premier « tweet » depuis la formation qu’il avait suivie avec Benoît Hamon, « Construction d’une image jeune et décalée au moyen des réseaux sociaux ». Et décidément, Mike se disait qu’il n’y comprenait rien.

La porte de Martine Aubry. Un double panneau de chêne, avec une affiche qui changeait toutes les semaines. Sur celle-ci, un jeune en sarouel clair disait avec un sourire niais : « Les choses vont changer ». Pour Mike Vindemille, peu de choses avaient changé ces derniers temps. Il n’arrivait à rien à Paris, il n’arrivait à rien en Bretagne, la région où il était censé se faire élire conseiller en 2010. Il ne se souvenait pas des gens qu’il rencontrait, il avait du mal à parler plus de dix minutes avec quelqu’un sans lui proposer un verre, et il ne parvenait pas à récupérer le moindre droit de garde sur sa fille. Avec un soupir, Mike frappa à la porte et entra. L’assistante lui fit signe de continuer immédiatement jusqu’au bureau d’Aubry.

Elle était là, derrière un bureau rond qui semblait trop grand pour elle. La première secrétaire releva immédiatement la tête. Elle toisa Mike pendant une seconde, puis se leva pour venir se planter à un mètre de lui. « Qu’est-ce qu’elle est petite », pensa Mike en lui adressant un salut, auquel elle ne répondit pas.

– Alors c’est toi, Vindemille… Evidemment, tu te doutes qu’Ayrault m’a parlé.

Mike fixa son regard sur un portrait de Jaurès, attendant la suite.

"J'espère que tu as assez décuvé pour crever de honte en ce moment, Mike Vindemille..."

Elle reprit :

– Pierre Mauroy tombe dans le coma et un cadre du parti, peut-être futur conseiller régional de Bretagne, se lève de sa chaise pour applaudir. J’espère que tu as assez décuvé pour crever de honte en ce moment, Mike Vindemille.

Il se demanda pourquoi de simples mots lui faisaient aussi mal qu’un coup de pied dans les couilles. Mike baissa alors les yeux et se rendit compte que la première secrétaire venait effectivement de le frapper de toutes ses forces à l’entrejambe. Ses yeux se brouillèrent et la douleur le fit tomber au sol. Il ne voyait plus que les sandales Birkenstock d’Aubry, qui fit un pas en direction de son visage. Mike l’entendit lâcher d’une voix monocorde : « Pour toi, l’investiture en Bretagne, c’est fini. Ta 4e place sur la liste de 2010, je te la retire. Et ton bureau ici, tu peux le vider ».

Mike s’évanouit, les mains serrées en conque sur son bas-ventre meurtri.

[à suivre…]


NB : Pour des raisons de facilité rédactionnelle, les aventures de Mike le socialiste seront désormais écrites au passé. Le prologue a été mis à jour dans ce sens.

Le Guéridon se porte bien

Lectrices, lecteurs,

Le Guéridon a fait une pause ces derniers jours.

Sachez que vous pouvez désormais le retrouver à partir du moteur de recherche américain Google, grâce aux mots-clés que sont Mike le socialiste ou legueridon, en un seul mot.

Autre innovation : la possibilité d’évaluer les articles. Pour cela, il suffit de cliquer sur le titre du texte, puis de vous rendre en bas de page. Un barème simple vous y attend sous l’appellation « espace démocratique ». N’hésitez pas à y signaler votre désaccord si jamais Le Guéridon venait à vous décevoir.

Voilà qui devrait apporter un peu plus de proximité à un blog qui peut-être, en manque parfois un peu. Revers d’un raffinement sans concession qui s’embarrasse rarement de marques de familiarité, mais qui n’en pense pas moins.

A ce propos, Le Guéridon remercie chaleureusement les auteurs de commentaires. Hauteur et éternité pour eux et pour leur descendance. Gueridus gueridonem babolarum, également.

Mensonges capillaires autour du Kid de Las Vegas

Agassi avoue avoir porté une perruque pour cacher sa calvitie LeProgrès.fr | 01.11.2009 | 04:00

L’ancien champion américain de tennis André Agassi, dont la crinière blonde et brune et les tenues excentriques sur les courts avaient défrayé la chronique sportive dans les années 90, a révélé hier qu’il portait à l’époque une perruque pour cacher sa calvitie naissante.

André Agassi (Crédit photo : AFP)

André Agassi avant. André Agassi après.

Comme nos lecteurs le savent peut-être, André Agassi dévoile en ce moment dans une biographie plusieurs secrets touchant à sa carrière de tennisman professionnel. La drogue, la corruption, bien sûr, mais aussi cette curieuse histoire de perruque. Reconnaissons-le, l’anecdote est savoureuse, et de nombreux médias ont relayé l’information en la prenant pour argent comptant.

Mais ici, au Guéridon, nous n’y croyons pas. Nous affirmons que ces cheveux excentriques étaient bien les siens, et nous irons encore plus loin en ajoutant qu’il est probable que jamais le Kid de Las Vegas n’ait eu de problèmes de chute de cheveux. Certes, aujourd’hui, et depuis quelques années, nous connaissons André Agassi chauve, mais l’explication tient en deux mots : Steffi Graf.

Une bonne occasion de rappeler que, quels que soient l’époque ou le lieu, coucher avec un ressortissant allemand n’a jamais été le meilleur cadeau qu’on puisse faire à ses cheveux.

Stefanie Maria (Steffi) Graf

André Agassi aurait dû se douter que tout cela finirait par une tonte.

Les aventures de Mike le socialiste – Prologue

Le Guéridon, conscient de la nécessité de fidéliser son lectorat, a décidé de relancer le genre un peu désuet du feuilleton écrit. Les aventures de Mike le socialiste vous emmèneront dans un monde dur et souvent cruel, celui de la gauche française, vu à travers les yeux de Mike Vindemille. Ce jeune cadre socialiste, à la recherche de lui-même, trouvera sur son chemin l’ambition, la trahison, la passion, la trahison, Martine Aubry, la trahison, et bien d’autres surprises encore.

8 heures. L’alarme du portable se mit en marche, laissant entendre « Catch the wind » de Donovan : « In the chilly hours and minutes of uncertainty, I want to be… »

Seul dans sa chambre d’hôtel, Mike Vindemille était déjà habillé, prêt à prendre le train qui le ramènerait vers Paris, au lendemain d’une fête de la Rose à laquelle il aurait préféré ne jamais participer. Malheureusement, la chargée de communication de la section locale du PS avait appelé une semaine avant pour lui expliquer, d’une voix impatiente, que la présence de « jeunes cadres du parti » était indispensable.

La veille, pour le repas de clôture, Mike était à la table de Jean-Marc Ayrault et de Pierre Mauroy, les deux seules vraies célébrités à avoir fait le déplacement. Il savait que c’était l’occasion de marquer des points, mais Ayrault était assis trop loin, et Mauroy… Mauroy avait passé la majeure partie du repas les yeux dans le vague, un filet de bave reliant son menton à son assiette de haricots. Respectueusement, tout le monde autour de lui s’était mis à converser comme si de rien n’était. Mais au moment où on lui avait retiré son dessert, l’ex-Premier ministre avait poussé une sorte de couinement suraigu et avait brandi une pelle à tarte au visage du serveur. Dans le silence qui avait suivi, une personne avait éclaté de rire en applaudissant. Et cette personne, c’était Mike Vindemille.

mauroycoupée

"L'ex-Premier ministre avait poussé une sorte de couinement suraigu..."

Assis au bord du lit, les coudes sur les genoux, Mike repensa au moment, immédiatement après, où Mauroy s’était mis à convulser, et où il était devenu clair que ce que l’on prenait pour des absences depuis le début du repas était en fait bel et bien un accident vasculaire cérébral. Mike revit alors le regard lourd de mépris que lui avait jeté Ayrault à travers la vitre arrière de l’ambulance qui emmenait Pierre Mauroy, et un frisson lui  parcourut l’échine.

En enfilant son pardessus, il se mit à parler tout seul : « Hier soir, Vindemille, tu as été mauvais. Avant-hier, je ne me souviens plus trop mais je crois que ce n’était pas terrible non plus. Si tu veux monter les échelons du socialisme, mon petit Vindemille, il va d’abord falloir arrêter de picoler pendant les repas du parti. »

Il jeta un dernier coup d’oeil sur le lit défait et se dit qu’il ne dormait pas assez. Trente ans à peine, et pourtant il se sentait usé. Il se passa une main sur le visage, et nota mentalement qu’il devrait se raser avant de se présenter au siège de Solférino. Mike attendit que la chanson de Donovan se termine, et claqua la porte sur la note finale.

[A suivre…]